La faute et la responsabilité de l'avocat

La responsabilité professionnelle des avocats peut être engagée.

Oui, vous pouvez attaquer votre avocat, ou l'avocat adverse, s'il a commis une faute qui vous a causé un préjudice. Trois conditions doivent être réunies (une faute, un préjudice, un lien direct entre les deux), l'action se prescrit par cinq ans, et c'est le Tribunal Judiciaire qui statue. Les avocats étant obligatoirement assurés, l'indemnisation est garantie.

Tout justiciable a droit à réparation du dommage causé par la faute d'un avocat par l’allocation de dommages et intérêts.

Les avocats sont obligatoirement assurés à cet effet.

Qu'est-ce qu'une faute d'avocat ?

Un mauvais résultat n'est pas, à lui seul, une faute. La responsabilité de l'avocat suppose un manquement à ses obligations professionnelles, un défaut de diligence, d'information ou de conseil.

On distingue son activité judiciaire (représentation, actes de procédure, respect des délais) et son activité de conseil et de rédaction d'actes : les exigences ne sont pas identiques selon les cas.

Les trois conditions du recours

Il y a 3 conditions :

La première est que l'avocat ait commis une faute. Exemples : avoir laissé passer le délai d'appel ou le délai de prescription, ne pas avoir tenu informé son client, avoir commis une erreur de droit, avoir conseillé une procédure inutile ou vouée à l'échec, ne pas avoir fait exécuter le jugement, avoir laissé passer le délai pour réclamer l'indemnité d'éviction ou la révision du loyer commercial, avoir saisi une juridiction incompétente ou même, parfois, n'avoir saisi aucune juridiction ni plaidé etc….

La seconde est qu'il y ait un dommage ou préjudice, matériel ou moral, qu'il faudra évaluer. Ce préjudice peut n'être que la perte de chance d'avoir gagné votre procès.

La troisième est qu'il y ait un lien direct entre la faute et le dommage, actuel et certain, la réparation d'un préjudice futur pouvant être envisagée.

Bonne nouvelle pour la victime : les avocats étant obligatoirement et largement assurés, vous disposez d'une action directe contre leur compagnie d'assurance, ce qui garantit le paiement des condamnations et permet, si vous le souhaitez, de ne pas attraire l'avocat lui-même dans le procès.

Quel délai pour agir ?

Attention, il y a une prescription qui est de 5 ans. Au-delà plus aucune action n'est possible.

Le point de départ de la prescription est généralement la fin de la mission de l'avocat, il en est différemment dans quelques hypothèses.

La fin de la mission se matérialise le plus souvent par un échange de courriers par lequel l'avocat se décharge ou le client lui retire le dossier ; à défaut, elle est fixée au jour de la dernière décision de la Cour d'appel rendue contre l'intérêt du client.

Quel tribunal, et pourquoi pas le Bâtonnier ?

La juridiction compétente est le tribunal judiciaire devant laquelle l'intervention d'un avocat est obligatoire pour les demandes supérieures à 10 000€. Un appel peut être formé devant la Cour d'Appel.

Ni le bâtonnier, ni l'Ordre des avocats, ni le Conseil de discipline, pas plus les courtiers comme la société de courtage des barreaux ou AON ne peuvent indemniser le client.

Plainte disciplinaire n'est pas action en responsabilité

Une plainte devant le Bâtonnier ou le Conseil de discipline peut sanctionner l'avocat, mais elle ne vous indemnise pas. Seules les juridictions d'État (Tribunal Judiciaire, Cour d'Appel) peuvent le condamner à réparer votre préjudice.

Attaquer son propre avocat ou l'avocat adverse

Les deux sont possibles. Contre l'avocat adverse, la responsabilité suppose une faute personnelle (un manquement déontologique par exemple), et non le simple fait d'avoir bien défendu son client ; en pratique, en l'absence de sanction disciplinaire préalable, le juge hésite à la retenir.

Pourquoi confier ce dossier à un cabinet spécialisé

Il est difficile de trouver un avocat qui accepte d'engager la responsabilité d'un confrère : par corporatisme, beaucoup s'y refusent, ce qui prive injustement des justiciables de leurs droits. Notre cabinet est précisément dédié à cette mise en cause et mène ces procédures sans se laisser impressionner.

Les étapes concrètes de la procédure

  1. Réunir votre dossier et les pièces établissant la faute et le préjudice.
  2. Faire réaliser une étude préalable pour apprécier vos chances de succès.
  3. Mettre l'avocat en cause et actionner directement son assureur.
  4. Rechercher, si c'est opportun, une transaction amiable.
  5. À défaut d'accord, saisir le Tribunal Judiciaire et mener la procédure jusqu'à l'indemnisation.

Questions fréquentes

Combien de temps ai-je pour agir ?
Cinq ans à compter de la fin de la mission de l'avocat.

L'indemnisation est-elle garantie si je gagne ?
Oui : les avocats sont obligatoirement assurés et vous disposez d'une action directe contre leur assureur.

Un avocat est-il obligatoire pour agir ?
Pour un préjudice inférieur à 10 000 €, vous pouvez saisir le tribunal sans avocat.

Nos analyses de jurisprudence

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